On parle souvent de dioptries, de pourcentages et de types de verres. Mais ces chiffres décrivent rarement ce que la personne concernée vit réellement au quotidien. Nous avons voulu prendre l'autre chemin : raconter, de l'intérieur, ce que changent trois situations très courantes, que vous les reconnaissiez chez vous ou chez un proche.
La presbytie débutante : le monde qui recule
Vous n'avez encore rien remarqué de particulier, sinon que vous tenez votre téléphone un peu plus loin qu'avant. Puis un soir, au restaurant, la carte devient floue sous l'éclairage tamisé, alors qu'elle était parfaitement lisible en plein jour. C'est le premier signe typique de la presbytie : elle ne s'annonce pas d'un coup, elle grignote d'abord la marge de confort dans les conditions difficiles, avant de se faire sentir en pleine lumière.
Concrètement, ce que vit une personne presbyte au début, c'est cette sensation étrange que ses bras sont devenus trop courts. Le texte est net à bout de bras, flou de plus près. Beaucoup repoussent le sujet en pensant que « ça va passer » ou que porter des lunettes à cet âge marque une bascule qu'on préfère éviter. En réalité, la presbytie touche tout le monde à partir d'un certain âge, y compris les personnes qui n'ont jamais porté de lunettes de leur vie, car elle correspond à la perte naturelle de souplesse du cristallin.
La bonne nouvelle, c'est que les solutions actuelles sont loin de l'image de la paire de lecture posée sur le bout du nez. Nous en parlons plus en détail dans notre article sur les verres progressifs, qui permettent de voir net à toutes les distances avec une seule paire.
Le daltonisme : un monde qui n'est pas moins beau, mais différent
Contrairement à une idée reçue, une personne daltonienne ne voit pas en noir et blanc. Ce qu'elle vit, le plus souvent, c'est une confusion entre certaines teintes : le rouge et le vert se ressemblent dans les formes les plus courantes, au point de rendre difficile la lecture d'un graphique, le tri d'un câble électrique par couleur, ou tout simplement le choix d'un vêtement le matin.
Ce trouble est le plus souvent présent dès la naissance, transmis génétiquement, et beaucoup de personnes daltoniennes grandissent sans jamais s'en rendre compte : elles ont simplement appris, sans le savoir, à reconnaître les objets par leur forme, leur position ou leur luminosité plutôt que par leur teinte exacte. Le diagnostic tombe parfois tardivement, souvent à l'occasion d'un test de vision des couleurs demandé pour un métier réglementé, comme certaines professions dans l'aviation, la sécurité ou les transports.
C'est un sujet que nous connaissons bien, puisque nous recevons des clients de toute la Belgique pour ce type de test, ainsi que pour les verres KolorBlind, qui permettent à de nombreuses personnes daltoniennes de mieux distinguer les teintes qui leur posaient problème.
La myopie non corrigée : la netteté qu'on a oubliée
C'est sans doute l'expérience la plus facile à imaginer, et pourtant l'une des plus mal comprises par les personnes qui n'ont jamais été myopes. Sans correction, le monde au-delà de quelques mètres perd ses contours nets : les visages se reconnaissent à leur silhouette avant leurs traits, les panneaux de signalisation se lisent au dernier moment, les enseignes de magasin deviennent des taches de couleur.
Ce qui frappe le plus souvent les personnes myopes, c'est la redécouverte qu'elles font le jour où elles chaussent leurs premières lunettes correctement adaptées : elles réalisent seulement à ce moment-là que les feuilles des arbres ont des contours individuels, ou que les lettres d'un panneau lointain sont réellement nettes, pas seulement devinées par habitude.
Chez l'enfant, cette expérience passe souvent inaperçue plus longtemps qu'on ne le croit, car un enfant n'a pas de point de comparaison : il pense que tout le monde voit comme lui. C'est l'une des raisons pour lesquelles un contrôle de la vue régulier, dès le plus jeune âge, reste essentiel, en particulier lorsque la myopie évolue rapidement.
Pourquoi raconter cela
Nous passons beaucoup de temps à expliquer des verres, des marques et des technologies. Mais nous croyons qu'il est tout aussi utile de raconter ce qui se joue derrière ces solutions : une gêne qu'on avait fini par trouver normale, une confusion qu'on avait apprise à contourner, un flou qu'on ne remarquait plus. Si l'une de ces descriptions vous parle, à vous ou à un proche, c'est peut-être le bon moment pour un contrôle de la vue.
Un contrôle en boutique permet d'évaluer votre confort visuel, mais ne remplace pas un examen ophtalmologique complet, en particulier en cas de baisse de vision brutale ou inexpliquée.
Michils Opticiens vous accueille rue de l'Église 114, à Woluwe-Saint-Pierre.
FAQ
La presbytie touche-t-elle uniquement les personnes déjà myopes ou hypermétropes ?
Non. La presbytie est liée à l'âge et touche tout le monde, y compris les personnes qui n'ont jamais eu besoin de lunettes auparavant.
Le daltonisme peut-il apparaître à l'âge adulte ?
La forme la plus courante est présente dès la naissance et d'origine génétique. Une modification de la perception des couleurs à l'âge adulte doit en revanche être signalée à un ophtalmologue.
Comment savoir si un enfant est myope sans qu'il s'en plaigne ?
Un enfant myope n'a souvent pas conscience du problème, car il n'a pas de référence de comparaison. Un contrôle régulier de la vue permet de détecter une myopie même en l'absence de plainte.
Les verres KolorBlind corrigent-ils complètement le daltonisme ?
Ils permettent à de nombreuses personnes daltoniennes de mieux distinguer certaines teintes confondues, sans pour autant constituer une correction au sens où on l'entend pour la myopie ou l'hypermétropie.
À partir de quel âge apparaît la presbytie ?
Elle apparaît le plus souvent autour de la quarantaine, avec de fortes variations individuelles, et évolue progressivement dans les années qui suivent.
Pour aller plus loin : découvrez nos solutions pour le daltonisme et la basse vision.